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Ca depend des jours

 

cadependdesjours

Postures, vêtements et armures nous tiennent chaud, nous confortant dans nos points de vue sur nous-mêmes… Galbe, ligne, élégance et féminité, pectoraux, « quel corps d’athlète » ! Le champ lexical au sujet du physique est souvent cloisonné et la sensualité aussi froide qu’un cachet d’aspirine ! Par le biais de la création artistique, la chose peut être vue, dite et représentée autrement, heureusement car sans cela notre imagination étoufferait un peu sous une tonne de co2.

Par Charlotte Saliou

 

 

Petit rappel, sans trop discourir (puisque ici l’honneur est à l’image) : l’art subversif, discours de controverse s’en prend à l’autorité, au normé. Pour se faire, l’habitude est d’invoquer la nudité. Sans se prétendre chef de fil d’un mouvement artistique très underground,  le photographe Idan Wizen tente un projet photographique pour lequel il développe un concept simple mais néanmoins significatif. Il s’agit de faire poser dans son studio, des individus de tous les âges, horizons et physionomies. Ils sont nus, la pose peut être loufoque, folle ou au contraire classique et épuré. Le fond est identique pour tous. Une série correspondant à une couleur, exemple de « névrose » qui se décline en mauve.

Les anonymes se laissent aller devant l’objectif du photographe qui enchaine les clichés à l’affut de la meilleure photographie, la plus parlante, la plus forte, la belle expression, ce « petit truc » que l’on rêve de montrer aux autres. Puis, capteur d’image et modèle choisissent ensemble LA photographie, celle que l’on a envie d’assumer, celle qui nous surprend ou qui nous représente le mieux. Enfin, un étiquetage a lieu, un titre est donné à la photo, à chacun ses lettres de noblesse : « Madame tout le monde  » deviendra excentrique  et « la garçonne » se révélant pleine de  grâce, une délicate. Une fois le titre choisi par Idan Wizen, la photographie est publiée sur son site et les amateurs d’art peuvent l’acquérir dans le but de « décorer leur salon ». Un anonyme nu au-dessus de la cheminée, un intrus à notre table… un coup dans la fourmilière !

 

Poser nu permettrait de se voir autrement et pour le coup de se voir sous toutes les coutures. Le projet « un Anonyme nu dans le salon » se différencie sur un point essentiel : l’embellissement ne vient pas d’un masquage des défauts, d’un clair-obscur valorisant. Mise en scène simple, lumière assez crue, l’homme et la  femme reviennent à l’état de nature ! Grain de la peau suintant, pilosité, cheveux plus ou moins dressés, certains hirsutes d’autres brushés, l’anonyme se révélant tel qu’il est, se montre sous son meilleur jour. Certains pourraient le prendre pour un état des lieux et plonger dans une féroce dépression car en effet tout y est, du pore dilaté aux poignets d’amour en passant par la culotte de cheval. Pourtant, la plupart des témoignages des anonymes sont positifs, il en ressort principalement un « je me trouve beau car je m’assume ».

 

      Le regard des autres

Ce projet participatif fait du collectif des modèles actifs qui peuvent se retrouver sur le site « un anonyme nu dans le salon » ainsi que sur une page facebook . Coming out du modèle qui montre son corps aux autres et qui peut observer celui de ses camarades ! Alors, bien évidemment c’est l’occasion d’un like, d’une absence de like ou d’un commentaire bien ou malvenu… Certains modèles peuvent en prendre pour leur grade, le but du projet n’étant pas compris par tous, le lexique des commentateurs nécessite d’être modéré. Finalement et c’est bien là la surprise, l’anonyme découvre que son jugement sur lui-même est bien plus dur que celui porté par autrui. Le projet étant artistique, le corps est relativement éludé au profit de de la force de l’image publiée. En observant les commentaires on note que telle ou telle autre imperfection ne provoque pas tant chez le visiteur du site des cris d’horreur, ouf ! On est sauvé !

 

Suite de l'article

 

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